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  • Théo Picques

Bilan Covid-19

Mis à jour : juin 10


Inconsciemment, en voyant les images de la Chine confinée lors des premières semaines où le monde se concentre sur l’évolution de ce virus, la plupart d’entre nous pensait que celui-ci n’arriverait pas jusqu’à nous, ou du moins que s’il le faisait nous n'arriverions pas à une situation de confinement total comme nous l’avons connue.


À l’heure où j’écris ces lignes, nous ne sommes que quelques jours après le déconfinement et la vie n’est pas revenue à la “normale”.

La population est masquée et timide quant à la proximité avec les autres. Le virus est toujours là, dans l’air mais surtout dans nos esprits. L’impact a été brutal et généralisé. 


Que pouvons nous retenir de ces premiers jours de “liberté retrouvée”, "liberté conditionnelle" ? Comment envisageons-nous l’avenir ? Quelles sont les améliorations et quelles sont les dégradations vécues ?


1 . Une remise en question


Premiers jours de confinement, premières nouvelles, premiers chocs. Ces choses du quotidien que nous pensions acquises ont été remises en question :  liberté de déplacement, possibilité de voir ses amis et sa famille, pratiquer des loisirs ou une religion dans un lieu de culte ou encore l’accès à la nourriture sont perturbés car la chaîne d’approvisionnement est impactée. 

Cette pandémie nous a permis de comprendre que cette société dans laquelle nous vivons n’est pas invincible et que nos modes de vie, de consommation et de production, ne sont pas optimaux

(oui c’est encore une surprise pour certains !). 


Avis aux climato-sceptiques, nous avons enfin eu la preuve irrévocable de l’impact de l’activité humaine sur la nature.

Partout dans le monde, l’émission de gaz à effet de serre a considérablement chuté dû à l’arrêt des usines ainsi qu’à la nette diminution du trafic routier et aérien, pour le plaisir des animaux qui se promenaient seuls en centre-ville. Les villes ont eu la chance de connaître un retour au calme.


Nos entreprises sont chamboulées et doivent s’adapter à cette situation sans précédent. Salariés, dirigeants, managers, artisans, indépendants, chacun a été impacté. Cet impact a engendré à la fois des externalités négatives mais également des externalités positives.


« La crise du Coronavirus a fait surgir le facteur humain comme priorité essentielle du fonctionnement de nos entreprises. Notre capacité à traverser la crise tient non seulement aux compétences essentielles des personnes, mais aussi à leur engagement, au sens qu’elles trouvent à mener le combat, à leur capacité de résilience pour s’adapter à des situations nouvelles. » - Christine Defuans, spécialiste en conception organisationnelle, des nouvelles méthodes de travail, de l'avenir du travail et des espaces de travail.

2. Le facteur humain au cœur des nouvelles organisations post-Covid19


Nous l’avons tous compris assez vite, nous ne sommes pas près de retrouver des situations de proximité comme des festivals, des concerts entre amis ou encore des grandes fêtes à domicile. Néanmoins, si ces interactions seront moins nombreuses (ce qui est sûr) c’est qu’elles seront de meilleure qualité. Le plus grand capital, c’est le capital humain. Et cette affirmation sera d’autant plus vraie en entreprise.

Que ce soit à la maison ou au bureau, la présence physique a et aura la primeur sur toutes les autres interactions. Nous savions que les interactions humaines étaient importantes pour le développement individuel et collectif, mais nous entendons de plus en plus d’études démontrant que la crise nous a rendus encore plus addicts à nos proches. Ces interactions sont multiples, profondes et nécessaires et seront plus valorisées à présent. L’empathie, l’engagement, la solidarité et le partage sont aujourd’hui des comportements porteurs de sens et impactants.


Le télétravail, incontournable en cette période de confinement, s’est heurté à l’isolement des salariés créant une situation de mal-être chez près de 20% d’entre eux. C’est une vraie prise de conscience à 2 niveaux : 

  • Le télétravail, ça fonctionne;

  • Le télétravail à domicile n’est pas l’idéal.


À l’heure du déconfinement progressif, il est plus que jamais opportun d’explorer les solutions alternatives d’organisation du travail. Sortir les télétravailleurs du domicile et privilégier les espaces de coworking de proximité permettrait, tout en donnant un cadre plus adapté et une sécurisation sur le plan sanitaire, de contribuer à la limitation des déplacements professionnels. 


3. Vers une restructuration...


...de la marque employeur


Le télétravail apparaît comme une réalité incontournable pour de nombreux collaborateurs, et difficile à dénier pour de nombreux managers. Le Covid19 a fait jurisprudence !


C’est alors un travail important qui attend les managers, devant désormais prendre en compte les nouvelles attentes et aspirations de leurs équipes pour les fidéliser et les motiver. 


Là où le télétravail était un argument en faveur de la marque employeur, son absence demain risque de devenir un contre-argument. C’est un glissement de paradigme sur l’organisation du travail qui a une importance fondamentale pour l’attraction et la rétention des talents. 


...de la culture managériale


Cette évolution implique une nécessaire formation des managers dans l’apprentissage de la gestion à distance, par objectif et dans une relation de confiance “a priori”. Le télétravail n’est plus une “récompense” pour les salariés qui l’ont mérité, mais une nécessité pour la survie des entreprises. 


On sait aujourd’hui que la valeur d’un travail ne dépend pas ni du temps de présence, ni de la présence “sur site”. Nous travaillons par objectifs et nous savons que la confiance est plus efficace que le contrôle. Le métier de manager aura de nouveaux enjeux à appréhender et de nouvelles opportunités à détecter.


...de l’organisation du travail


La crise actuelle a mis en avant le fait que dorénavant, les organisations les plus aptes à gérer des crises sanitaires, économiques ou sociales sont celles qui seront en capacité de s’adapter en quelques semaines à un nouveau contexte. Les organisations les plus agiles et les entreprises apprenantes sortiront par le haut de cette crise, les autres risquent de disparaître. 


Le Covid-19 met par ailleurs en avant l’avantage compétitif des organisations de travail résilientes, qui savent s’affranchir en peu de temps du dogme du présentéisme, faire évoluer les pratiques managériales en fonction du contexte, maintenir l’activité malgré les contraintes du confinement. 


Face à cette crise mondiale, certaines entreprises françaises ont d’ailleurs démontré leur agilité comme celles que nous avons mis en lumière dans notre article : “Entrepreneurs, indépendants : comment tirer profit de la crise sanitaire actuelle ?“.


C’est le cas de LVMH qui a converti ses sites de production de parfum à la fabrication de gel hydroalcoolique ou encore PSA Renault et Air Liquide qui ont transformé leur usines en fabriquant des respirateurs, tandis que l’industrie textile utilise ses machines pour fabriquer des masques.


Ces réorientations des productions en un temps record n’est pas sans rappeler le fameux “pivot” propre à l’univers des startups et de l’entrepreneuriat. Cela démontre la capacité des entreprises traditionnelles à prendre des décisions extrêmement rapides et à les mettre en oeuvre avec efficacité lorsque la situation l’exige. C’est un véritable enjeu et une excellente nouvelle face à l’incertitude que nous réserve le monde de demain !


...de l’usage du foncier d’entreprise


Le siège social deviendra demain la vitrine du savoir-faire managérial de l’entreprise avec notamment l’intégration des nouvelles façons de travailler. Nous nous dirigeons ainsi vers un nouvel usage du siège social, comme lieu de rencontre, d’échange, de partage ou d’innovation plutôt qu’un lieu de production. Les corpoworkings tendront à se développer, là où les bureaux individuels tendront à disparaître. 


Les sièges sociaux seront ainsi perçus comme le lieu de l’organisation des espaces et temps collectifs, ces nouveaux biens précieux, générateurs de la création de valeur de l’entreprise ainsi que le cœur de l’animation de la communauté professionnelle, créatrice de lien et d’engagement et de cohésion.


Si le lieu de l'exécution du travail sort du dogme du présentéisme, il reste cependant un facteur important de son efficacité et le télétravail au domicile du salarié s’est montré souvent comme moins qu’idéal. Il apparaît donc opportun d’expérimenter l’accueil des télétravailleurs en espace de coworking de proximité pour en limiter les effets négatifs tout en renforçant l’efficience du télétravail.


C’est d’ailleurs l’orientation qui semble se diriger pour la production “télétravaillable”, qui se tournera demain de plus en plus vers un recours aux espaces partagés, plus flexibles aux aléas sociaux et sanitaires, et moins gourmands en investissements fonciers. 


De par un ancrage à proximité du domicile des collaborateurs, ce mode d’organisation sera aussi facteur d’amélioration de la qualité de vie et positif sur l’impact écologique de ces derniers, tout en étant facture de redynamisation des tissus économiques locaux.


...des territoires


Au delà d’une transformation dans nos entreprises, c’est aussi dans le paysage français que l’on risque de voir des bouleversements majeurs. En effet, pendant ces deux mois de confinement, la campagne était le cadre de vie le plus jalousé.


Allons nous vers une disparition des mégalopoles ? Rien de tel qu’un confinement pour se rendre compte de l’environnement dans lequel nous souhaitons réellement vivre. 


La crise des gilets jaunes avait commencé à dessiner l’évolution des aspirations des français : une volonté de se mettre au vert tout en limitant les déplacements professionnels facteurs de coût important. 


C’est ce nouvel équilibre entre exode urbain et proximité du lieu de travail qui doit être au coeur de nos politiques publiques et dans l’organisation du monde de demain. La déconcentration des activités répond à un enjeu écologique majeur (réduction de l’empreinte carbone, circuits courts, redynamisation des tissus économiques locaux, décentralisation, etc.).


Il est en effet difficile d’aller travailler quotidiennement en vélo quand son bureau se situe à 60 kms du domicile ! Là encore, l’organisation du télétravail en bureau déporté semble un incontournable pour répondre à cette évolution sociétale tant attendue.


Alors que chaque année, des milliers de français quittent la Capitale pour se tourner vers la campagne, cette crise va faire prendre conscience à un plus grand nombre de la qualité de vie en campagne ou en périphérie urbaine. 


Ajoutez à cela la diminution de la surface des bureaux, l’engouement pour le télétravail, la nécessité de se recentrer sur ce qui nous est cher, et vous verrez les parcs d’activités disparaître pour laisser place à des espaces plus confidentiels, intimes, multifonctions et à taille humaine ; coworking et tiers lieux en avant-garde. 


Pour citer Antoine Deswartes, Clockworker et CEO d’Ocytocine Dealer, une grosse crise économique, c’est une opportunité de redistribution des cartes. C’est donc le moment ou jamais pour tendre vers un monde meilleur.

Pour conclure cet article, nous vous invitons à participer à une étude collaborative (cliquez ici) de la communauté des startups lauréates de la Villa Bonne Nouvelle : Ask Nath, Autrement Formations, Coachizy, Coworklib, Digital Building Factory, Hono agency, Humoon, laWEbox, My Dynamic Workplace et la Direction de la transformation d’Orange. Elle permet de comprendre les conséquences du Covid dans nos vies.

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