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  • Théo Picques

La progression fulgurante des espaces de coworking


Les espaces de coworking, encore un concept à la mode venu tout droit des Etats-Unis ? Et bien pas tant que ça… En réalité, même si le terme « coworking » fut inventé en 1999 par un game designer américain appelé Bernie De Koven, les espaces de coworking, eux, trouvent leurs traces dans le sillage allemand. En effet, on considère le C-Base de Berlin comme le premier espace de coworking. Fondé en 1995 par des informaticiens, ce « harckerspace » était destiné au partage de connaissances sur les différents logiciels libres.


Malgré un succès relatif en Allemagne, c’est dans la Silicon Valley, aux Etats-Unis, que le phénomène prendra réellement de l’ampleur, avec en 2005 l’inauguration officielle du premier « espace de coworking » créé par les programmeurs Brad Neuberg et Chris Messina, le « Hat Factory ». Et comme tout bon concept passant par le pays de la Start-up, ceux-ci s’exportent rapidement à l’étranger, pour finalement rencontrer un succès similaire.

Photo prise en 2008 au Hat Factory : équipé de bureaux partagés, wifi, prises électriques

(source: https://www.nytimes.com/2008/02/20/business/businessspecial2/20cowork.html)


En France, il aura fallu attendre l’année 2008 pour voir naître le premier espace : la Cantine, à Paris. Créé par l’association Silicon Sentier (dont l’objectif est de créer un écosystème numérique français fort), connue également sous le nom de Numa, cet espace avait pour objectif d’encourager les rencontres et le travail collaboratif afin de dynamiser et booster l’innovation française.


Cette année marquera également la popularisation du terme « coworking » avec un nombre de recherches toujours en croissance. 11 ans plus tard, en 2019, le nombre de recherches mensuelles en France avoisine les 20 000, rien que pour Google.


Graphique tiré de Google Trends, au 30/09/2019

Cependant, cet engouement sur le web pour le coworking n’aurait jamais été si fort sans la médiatisation de celui-ci. En effet, le sujet du travail collaboratif est devenu un thème récurrent dans les journaux, qu’ils soient physiques ou en ligne. Il n’y pas un jour sans que le coworking ne fasse pas l’objet d’un article. Rien que dans la section « Actualités » de Google, on dénombre pas moins de 2 400 000 résultats, dont 14 800 pour la métropole lilloise.


Mais au-delà de la tendance du coworking sur le web et dans les médias, c’est surtout son marché qui se développe à une vitesse ahurissante ! Quelques chiffres…. En 2015, on recensait environ 250 espaces de coworking en France (recensement en Décembre 2014 par Bureaux à Partager et La Fonderie). 4 ans après, et avec une croissance de 620%, nous sommes à 1 800 espaces de coworking sur le territoire français (selon le président de la « Mission Coworking », Patrick Levy-Waitz, spécialiste des nouveaux modes de travail).


Aujourd’hui, à Paris, presque un tiers des prises à bail sont attribuées à des espaces de coworking. De plus, ces nouveaux espaces de coworking se font sur des surfaces de plus en plus grandes : au Châtelet, la société Spaces dispose d’un espace d’une superficie de plus de 5 000m2. Encore plus grand ? La société Regus a ouvert un Spaces en Mars 2019 à La Défense, sur plus de 18 000m2.


Les espaces de coworking fleurissent sur le territoire français de manière très importante, avec des surfaces de plus en plus grandes. Et tout naturellement, le chiffre d’affaires du marché de coworking en France est donc en pleine croissance. Selon le cabinet d’étude du journal Les Echos, le marché du coworking représentera en France environ 2.2 milliards d’euros (étude de novembre 2018) à l’horizon 2022.


Mais ce n’est pas tout ! Si le marché du coworking se portera très bien dans les années à venir pour les différents acteurs présents sur celui-ci, c’est également la France qui bénéficiera d’énormes retombées. Selon l’Institut de recherche indépendant, Development Economics, le développement des espaces partagés, et par conséquent du travail flexible, générera 123 milliards d’euros d’ici 2030, rien que pour la France. Pour arriver à ce calcul, l’Institut a réalisé des projections qui prennent en compte les gains de productivité, de coûts et de temps engendrés par ces nouveaux espaces de travail. Christophe Burckart, DG de Regus France, explique que « L’ensemble de notre société va profiter des bénéfices liés aux espaces de travail flexibles ».

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