Répartir 35 heures sur 5 jours revient, dans sa forme la plus simple, à travailler 7 heures par jour. Mais cette équation de base cache plusieurs façons d’organiser concrètement votre semaine, et toutes ne dépendent pas uniquement de vous. Selon votre contrat, votre secteur et les règles en vigueur, la marge de manoeuvre varie sensiblement.
⏱️ L’essentiel à retenir
Répartition libre
La loi n’impose pas 7h égales par jour, d’autres combinaisons sont possibles.
Plafonds à respecter
Maximum 10h de travail effectif par jour et 12h d’amplitude horaire.
Qui décide ?
Sans clause dans votre contrat, c’est l’employeur qui fixe les horaires.
| Répartition | Heures par jour | Jours travaillés | Point fort |
|---|---|---|---|
| 5 jours égaux | 7h | 5 | Simplicité, cadre de référence |
| 5 jours inégaux | 5h30 à 8h | 5 | Flexibilité personnelle |
| 4 jours | 8h45 | 4 | 3 jours de repos consécutifs |
| 5,5 jours | jusqu’à 7h | 5 + demi-journée | Journées courtes en semaine |
35h sur 5 jours, ça fait combien d’heures par jour ?
La réponse dépend de la façon dont vous distribuez votre temps sur la semaine. La version la plus courante repose sur une répartition strictement égale, mais ce n’est pas la seule option légalement reconnue.
Le calcul de base
En divisant les 35 heures hebdomadaires par 5 jours, on obtient exactement 7 heures de travail effectif par jour. Rapporté au mois, cela représente 151,67 heures, et sur une année complète, 1 607 heures (journée de solidarité incluse). Ce sont les chiffres de référence issus de la loi sur les 35 heures, en vigueur depuis le début des années 2000.
Sur la base de ces 35 heures par semaine converties en mensuel, la rémunération est calculée de façon forfaitaire, indépendamment des semaines plus chargées ou plus légères.
Les règles minimales à respecter quelle que soit la répartition
Peu importe comment vous organisez vos horaires, le Code du travail fixe des seuils qui s’appliquent à tous. Ces limites encadrent chaque journée individuellement, pas seulement la semaine dans son ensemble.
- Durée maximale quotidienne : 10 heures de travail effectif
- Amplitude horaire maximale : 12 heures entre la première et la dernière minute de présence
- Repos quotidien : 11 heures consécutives entre deux journées
- Repos hebdomadaire : 35 heures consécutives (et non deux jours entiers obligatoires)
- Pause obligatoire : 20 minutes dès que la journée dépasse 6 heures de travail
Ces règles s’appliquent même si votre convention collective ou votre accord d’entreprise prévoit une organisation différente.
Comment répartir 35h sur 5 jours concrètement ?
Trois grandes formules sont utilisées en pratique. Chacune a ses avantages selon votre situation personnelle et les contraintes de votre poste.
La répartition égale : 7h chaque jour
C’est la forme la plus répandue dans le secteur tertiaire. Chaque journée de travail est identique, ce qui simplifie la gestion du planning et facilite l’organisation personnelle.
| Jour | Durée | Exemple d’horaires |
|---|---|---|
| Lundi | 7h | 9h00 – 17h00 (1h de pause) |
| Mardi | 7h | 9h00 – 17h00 (1h de pause) |
| Mercredi | 7h | 9h00 – 17h00 (1h de pause) |
| Jeudi | 7h | 9h00 – 17h00 (1h de pause) |
| Vendredi | 7h | 9h00 – 17h00 (1h de pause) |
| Total | 35h |
Certains salariés décalent simplement les créneaux selon leur trajet ou leurs contraintes : 7h30-15h30, 8h-16h ou 10h-18h. La durée reste la même, seule la plage change.
La répartition inégale : combiner journées longues et courtes
La loi n’impose pas que chaque journée soit identique. Vous pouvez tout à fait travailler davantage certains jours et moins d’autres, à condition de respecter les plafonds vus plus haut. Cette formule convient bien aux parents qui gèrent une garde le mercredi, ou à ceux qui préfèrent libérer leur vendredi après-midi.
Voici deux exemples concrets de planning 35h avec répartition inégale :
- Option 1 : Lundi, mardi et jeudi à 8h + mercredi et vendredi à 5h30 = 35h
- Option 2 : Lundi au jeudi à 8h + vendredi à 3h = 35h
Dans les deux cas, chaque journée reste sous le seuil des 10 heures effectives. C’est la condition à vérifier systématiquement avant de valider ce type d’organisation avec votre employeur.
35h sur 4 ou 6 jours : les autres répartitions possibles
La semaine de 5 jours n’est pas gravée dans la loi. D’autres formats existent et sont appliqués dans certaines entreprises ou collectivités, souvent par accord d’entreprise ou convention collective.
- 4 jours : 8h45 par jour, 3 jours de repos consécutifs. Intéressant pour l’équilibre vie pro/perso, mais les journées sont longues.
- 5,5 jours : journées sous les 7h en semaine, avec une demi-journée le samedi matin. Moins courant, surtout dans le commerce ou la santé.
- 6 jours : environ 5h50 par jour. Journées courtes mais peu de repos consécutif.
Le passage à 4 jours entraîne aussi un impact sur les congés payés : calculés en jours ouvrés sur la base des jours habituellement travaillés, un salarié sur 4 jours obtient 20 jours de congés annuels contre 25 pour un salarié sur 5 jours.
Qui décide de la répartition de vos 35h ?
C’est souvent la question qui génère le plus de flou. La réponse dépend de votre contrat et de votre secteur.
Dans le secteur privé
Si votre contrat ne mentionne aucune clause sur les horaires, la répartition du temps de travail relève du pouvoir organisationnel de l’employeur. Il peut donc la modifier sans avoir à obtenir votre accord, et un refus de votre part pourrait être considéré comme fautif.
En revanche, si votre contrat précise explicitement vos horaires (jours travaillés, créneaux, durée par jour), toute modification constitue un changement contractuel. L’employeur doit alors obtenir votre accord. Vous pouvez refuser sans que ce refus soit sanctionnable. En cas de désaccord persistant, c’est à l’employeur d’assumer la responsabilité d’une éventuelle rupture.
Dans les deux cas, un délai de prévenance minimum de 7 jours s’applique avant tout changement d’horaires. L’horaire collectif doit par ailleurs être affiché et transmis à l’inspection du travail, après consultation du CSE. Si vous souhaitez des horaires individualisés, une demande formelle est possible, mais elle nécessite l’accord du CSE (ou de l’inspection du travail en l’absence de représentants du personnel).
Dans la fonction publique
Les agents de la fonction publique sont soumis à la même durée légale de 35 heures par semaine et 1 607 heures par an. Mais c’est la collectivité ou l’administration qui définit les cycles de travail, après avis du Comité Social Territorial.
Plusieurs cycles sont officiellement reconnus, notamment :
- 5 jours à 7h (répartition égale classique)
- 2 jours à 5h30 et 3 jours à 8h
- 4 jours à 8h45
Lorsqu’un agent travaille structurellement au-delà de 35 heures, des jours de RTT viennent compenser ces heures. Un agent à 39 heures par semaine génère ainsi environ 23 jours de RTT par an. Attention : les JRTT et les congés annuels sont deux compteurs distincts, à ne pas confondre dans la gestion des absences.
Des horaires variables sont possibles dans certaines administrations, avec des plages fixes d’au moins 4 heures par jour et un système de pointage obligatoire.
Les erreurs fréquentes sur la répartition des 35h
Quelques malentendus reviennent régulièrement, que vous soyez salarié du privé ou agent public. Voici les points à ne pas confondre.
- Croire que 2 jours de repos sont obligatoires : la loi impose 35 heures consécutives de repos hebdomadaire, pas forcément deux journées entières.
- Penser que l’employeur ne peut pas modifier les horaires : il le peut si aucune clause contractuelle ne l’en empêche.
- Oublier le délai de prévenance : tout changement d’horaires doit être annoncé au minimum 7 jours à l’avance.
- Confondre JRTT et congés payés (fonction publique) : ce sont deux droits distincts, avec des règles de pose différentes.
- Ne pas vérifier chaque journée individuellement : en cas de répartition inégale, le plafond de 10 heures s’applique à chaque jour séparément, pas à la moyenne hebdomadaire.
Si vous souhaitez comparer votre volume horaire annuel avec une organisation à 39 heures hebdomadaires et leur équivalent mensuel, le calcul change sensiblement, notamment pour le déclenchement des heures supplémentaires et des droits à RTT associés.


